Excerpt for Réclamé par Deux Ours by , available in its entirety at Smashwords

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RÉSUMÉ

Élevé par des ours-garous, Paul s’est toujours senti à part. En tant qu’humain, il n’est pas autorisé à jouer un rôle actif dans la communauté des métamorphes qui l’a entouré toute sa vie. Quand son travail à Bear Mountain est remis en cause, il envisage de quitter la seule maison qu’il a toujours connue pour partir à la recherche de l’élément qui a toujours manqué dans sa vie.

Les bêtas, Brynn et Tomas attendent leur compagnon humain depuis de nombreuses années. Quand un nouveau-né orphelin est déposé sur le seuil de leur porte, ils savent qu’il grandira un jour afin de devenir leur partenaire. Ignorant leurs instincts protecteurs, ils quittent la vallée, laissant l’homme derrière eux, car qu’ils ne peuvent pas faire partie de sa vie ou bien ils menaceraient l’avenir qu’ils partageront un jour.

Quand les deux ours reviennent enfin pour découvrir que Paul est devenu un homme, ils savent qu’il est temps pour eux de réclamer celui qu’ils ont toujours su être à eux.





RÉCLAMÉ PAR DEUX OURS

Bear Mountain – Tome 2

par

Kelex

Twisted E Publishing, LLC

www.twistedepublishing.com

UN LIVRE TWISTED E-PUBLISHING

Réclamé par Deux Ours

Bear Mountain – Tome 2

Copyright © 2015 by Kelex

Édité par Marie Medina

Première Publication en français : Mai 2018, SMASHWORDS EDITION

Couverture par K Designs

Couverture et logo copyright © 2015, 2018 Twisted E-Publishing, LLC.

Traduction en français par Bénédicte Girault

Relectures et corrections par Clotilde Marzek-Boulé, Yvette Petek

TOUS DROITS RÉSERVÉS : Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnages, lieux et situations sont le produit du fruit de l’imagination de l’auteur ou sont utilisés de manière fictive et ne peuvent être interprétés comme réels. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux, des évènements ou des lieux réels serait pure coïncidence.

Aucune partie de ce livre ne peut être utilisée ou reproduite de quelque manière que ce soit, sans l’autorisation express et écrite de l’auteur. Exceptions faites dans le cas de brèves citations pour des critiques ou des revues.

Tous les personnages décrits lors d’actes sexuels dans cette œuvre de fiction sont âgés de dix-huit ans et plus.



NOTE DE L’AUTEUR

De nombreux personnages sont présentés dans cette histoire, alors tenez-vous bien et préparez-vous !

DÉDICACE

À Eli et Mick. Nous n’avons pas eu assez de temps pour vous aimer.



CHAPITRE UN

Il y a vingt-cinq ans…

Bear Mountain

Après un coup de foudre massif, le tonnerre gronda à l’extérieur, suffisamment pour secouer la maison tout entière. Brynn s’approcha de la fenêtre, surveillant l’orage qui arrivait, ses sens submergés. Il pouvait sentir la pluie qui menaçait et devina qu’elle déverserait des trombes d’eau. La région était affligée par la pluie depuis presque une semaine désormais, la chaleur de l’été se heurtant à l’air frais de l’automne qui tentait de prendre le dessus.

Mais il y avait plus à sa mauvaise humeur que l’orage imminent. Quelque chose paraissait clocher concernant cette nuit, et il ne savait pas quoi. Son compagnon Tomas et lui semblaient être au bord de la crise de nerfs depuis ces dernières heures.

— Cela va être mauvais, d’après les apparences, lança Tomas, derrière lui.

Brynn hocha la tête, surveillant les grands pins qui s’agitaient méchamment devant leur maison, le vent se renforçant. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale tandis qu’il sentait qu’un désastre se dirigeait vers eux.

— Nous aurons de la chance si l’un de ces arbres ne tombe pas au beau milieu de notre chalet.

Quelques secondes après que Brynn ait laissé échapper les mots de sa bouche, une grande branche s’écrasa sur le sol, à quelques mètres de la fenêtre. Un autre éclair illumina la nuit, montrant les dommages que le vent avait déjà causés.

Mille et un. Mille et deux…

Le boum du tonnerre retentit et Brynn comprit qu’il était tombé tout près. Bien trop près.

— Tu devrais t’éloigner de la fenêtre, indiqua Tomas tandis qu’il se laissait tomber sur le canapé et allumait la télévision.

Des nouvelles de l’orage étaient murmurées en fond sonore, le scintillement d’un éclair frappa la fenêtre par laquelle Brynn surveillait les alentours. Celui-ci savait que son ami avait raison, cependant, il ne pouvait pas s’éloigner. Il avait l’impression d’attendre quelque chose et que ce n’était qu’une question de temps avant que cela se produise.

Ce qu’il espérait, il n’en savait rien.

La pluie chuta enfin. Les gouttes résonnaient sur le toit métallique, créant une symphonie de sons. Une averse torrentielle cascadait vers la terre et, presque immédiatement, causa des flaques sur le sol déjà gorgé et saturé d’eau. Des arbres chutaient par de telles intempéries, quand les racines n’avaient plus rien pour se retenir. Brynn leva à nouveau les yeux vers les pins, inquiet pour les branches qui s’agitaient au-dessus.

Il sursauta légèrement lorsque des coups retentirent sur la porte d’entrée.

— Qui diable cela pourrait-il être ? demanda Thomas, se levant.

Brynn s’approcha lentement de la porte, écoutant tandis qu’il entendait Tomas lutter avec le verrou. Il déboucha du coin de la pièce au moment où Tomas ouvrait grand le panneau, un éclair illuminant le dos de la petite silhouette qui se tenait au milieu.

Lorsque l’obscurité revint, Brynn aperçut la forme d’une femme derrière le corps de Tomas.

— Aidez-moi… s’il vous plaît…

Elle agrippait le chambranle d’une main, se penchant en avant. Tomas tira à l’intérieur la femme trempée et elle se laissa pratiquement tomber sur le sol. Un cri s’échappa de ses lèvres tandis qu’elle chutait.

Alors que Tomas avançait pour refermer la porte, Brynn put voir que son autre main berçait son gros ventre arrondi. Un autre cri sortit de ses lèvres et elle ramena ses genoux près de sa poitrine, prenant presque une position fœtale à cause de la douleur.

Une brusque odeur le frappa de plein fouet tandis qu’il se précipitait. Cela lui fit marquer une pause, l’espace d’une fraction de seconde, mais ce n’était pas le moment pour qu’il s’interroge sur ce que ce parfum signifiait. Ses yeux croisèrent ceux de Tomas alors qu’il s’agenouillait près de la femme et ils partagèrent un regard entendu. Son ami l’avait également senti.

Brynn soutenait l’arrière de la tête de la femme et repoussait des mèches humides de son visage.

— Le bébé arrive, dit-elle entre deux souffles erratiques.

Un nouveau cri de douleur franchit ses lèvres.

— Je vais appeler la clinique, annonça Tomas avant de se relever.

Ils n’avaient pas de 911, ni d’hôpital de luxe ici, dans le pays des ours. Il y avait une seule ambulance, qui était envoyée par la clinique dès qu’un besoin se faisait sentir. Ce qui signifiait que Brynn devait faire en sorte qu’elle reste calme et il espérait de toutes ses forces que le bébé n’allait pas venir tout de suite.

— Quel est votre nom ? demanda-t-il, essayant qu’elle se concentre sur lui et non sur sa souffrance, sachant que c’était fort peu probable.

— Pau… Paulette, cria-t-elle, entre deux souffles.

— Très bien, Paulette. Je suis Brynn et mon ami, ici présent, est Tomas. Il va vous obtenir un peu d’aide dès que possible.

Paulette attrapa sa main libre et la serra fort. Une pointe de terreur traversait ses prunelles.

— Je ne l’ai jamais fait auparavant. J’ai… peur.

Peur ? Brynn était effrayé et il n’était pas celui qui était en plein travail. Il repoussa de nouvelles mèches en arrière, captant un peu mieux son parfum.

— Tout va bien se passer.

Il ne savait pas qui il tentait de persuader, la jeune femme ou lui-même. Il était agenouillé sur le sol, tenant une femme enceinte – une femelle dont émanait l’odeur de son compagnon, ainsi que celui de Tomas.

Une femelle.

C’était rare, et totalement inattendu, mais les ours-garous s’unissaient à des femmes de temps en temps. Même si elle n’avait pas été leur compagne, il n’aurait pas pu l’ignorer.

Tomas revint vers l’entrée, un gant de toilette à la main.

— L’ambulance devrait bientôt arriver. Cependant, ce sera peut-être un petit plus long à cause du mauvais temps.

Il posa le morceau de tissu sur le front de Paulette, essayant de l’apaiser.

— Avez-vous entendu ça, Paulette ? L’ambulance arrive.

La jeune femme releva les yeux, son visage se plissant sous l’effet de la tristesse. Des larmes coulèrent de ses yeux.

— Je suis trop jeune pour ça. Maman avait raison. Je ne suis pas prête à être mère.

Prête ou non, elle était sur le point de le devenir.

— Une fois que vous aurez votre bébé dans vos bras… commença-t-il, ne sachant pas vraiment où il allait avec son commentaire.

Si elle était réellement sa compagne, alors son enfant tomberait également sous sa protection. Ils auraient tous à s’accommoder de l’arrivée du nouveau-né.

Je ne suis pas prêt pour ça.

Ce n’était pas ce qu’il attendait de son avenir. Une femelle ? Il baissa les yeux vers la jeune femme, ne ressentant pourtant rien pour elle. Il ne comprenait pas. Si elle était sa compagne, le besoin devrait être présent, intense. Sa bête devrait rugir à ses oreilles, du moins, c’était ce qu’on lui avait toujours dit.

Elle se retournait sur le sol, ses cris devenant plus forts. Ils firent de leur mieux pour la réconforter jusqu’à ce qu’ils entendent enfin le bruit de la sirène venant de loin. Brynn put enfin respirer à nouveau, sachant que l’aide arrivait.

L’ambulance s’arrêta dans leur allée, à côté du véhicule peu familier qui devait appartenir à Paulette. Deux métamorphes descendirent de la voiture et sortirent une civière pour la femme, travaillant rapidement malgré la pluie, essayant de protéger, son visage de l’eau qui coulait, du mieux qu’ils le pouvaient. Une fois installée à l’intérieur du véhicule, un des urgentistes les regarda.

— Venez-vous avec elle ?

Il jeta un coup d’œil à Tomas qui hocha la tête.

— Je vous suis dans notre pick-up.

Brynn grimpa à l’arrière de l’ambulance et reprit la main de Paulette. Il adressa un bref regard à Tomas avant que les portières se referment.

* * * *

La lumière du jour était apparue et l’orage était passé. Tomas déambulait dans la salle d’attente, inquiet lorsqu’il entendait la femme hurler de douleur. Quelques minutes s’écoulèrent et les cris devenaient de plus en plus forts. Pourtant, il ne ressentait aucun besoin urgent de se précipiter à l’intérieur pour la sauver. Rien ne semblait normal. Il se tourna vers Brynn qui était penché en avant sur sa chaise, les coudes posés sur les genoux.

— Une femelle ? demanda Tomas, incrédule.

Brynn s'adossa, le visage pâle.

— Il y a un problème, répondit-il. Je n’éprouve aucune sorte d’attachement envers elle, alors que je l’ai également senti.

— Je ne me serais jamais attendu à être lié à une femelle.

Tomas se sentait complètement perdu. Les femelles nées métamorphes étaient considérées comme plus faibles que les ours avec une filiation entièrement masculine. La plupart d’entre elles finissaient en tant qu’omégas et très souvent, ne s’accouplaient même pas. Il était très difficile de briser les liens de la hiérarchie parmi les clans d’ours-garous, très peu y parvenaient.

Brynn sembla lire dans son esprit.

— Notre propre alpha est né d’une humaine. Donc il n’est pas impossible qu’un mâle puissant surgisse de cette sorte d’union, répondit-il.

Tomas en était bien conscient, mais il y avait des stigmates qui étaient difficiles à surmonter. Vu l’exemple de leur alpha, il n’aurait pas dû se sentir aussi dérangé par la tournure prise par le destin, cependant, il l’était. Gregor s’était tracé un chemin vers le sommet à coups de griffes, se battant contre des bêtas qui avaient tenté d’usurper son rôle à chaque niveau. Cela avait été difficile de gagner du pouvoir, et encore plus dur de le garder.

Et ce n’était pas le seul problème. Tomas n’appréciait pas du tout les femmes. L’odeur de Paulette ne l’avait pas attiré non plus.

— Comment puis-je m’accoupler avec une humaine, que je ne trouve pas séduisante ? demanda-t-il à Brynn.

— Elle était sur le point de donner naissance. Et totalement trempée. Criant de douleur. Comment peux-tu déjà savoir ce que tu ressentiras pour elle ?

Tomas secoua la tête. Il n’était pas stupide. Il aurait ressenti une compulsion pour accepter la femme, même s’il avait été aveugle et sourd. Sur le point d’asséner ce fait, il fut interrompu par l’arrivée d’un des médecins de la clinique, Airan.

— C’est un garçon, dit-il en soupirant. C’était un véritable combat et le bébé s’est présenté par le siège, mais tous les deux vont bien et se reposent désormais.

— Bien, dit Tomas, toute tension quittant son corps.

Il se tourna vers Brynn.

— Rentrons à la maison et allons dormir un peu, nous aussi.

— Ne veux-tu pas voir le bébé d’abord ? demanda Brynn, haussant un sourcil.

Tomas lui lança un regard noir.

— Si elle est notre compagne, nous aurons à protéger le bébé, reprit Brynn, entre ses dents.

— Elle n’est pas notre troisième ! cracha Tomas en retour.

— Je peux vous laisser entrer un moment, mais ils ont tous les deux besoin de se reposer, rappela Airan, l’ouïe de son ours ne manquant pas un seul mot.

Tomas soupira.

— Montrez le chemin.

Brynn marcha à côté de lui tandis qu’ils suivaient Airan à travers des doubles portes, puis dans un couloir stérile et blanc. Les tubes fluorescents bourdonnaient au-dessus de leurs têtes, le son lui mettant les nerfs en pelote. Très peu de chambres étaient utilisées, vu que les ours avaient tendance à guérir rapidement de n’importe quelle blessure. Des compagnons humains remplissaient les quelques pièces occupées. Au bout du corridor, ils entrèrent dans la dernière chambre et Tomas vit le bébé emmailloté dans un petit berceau.

L’odeur d’accouplement emplissait la pièce, plus forte qu’auparavant.

Tomas se tourna vers le lit.

Il était vide.

— Où est-elle ? demanda-t-il à Airan.

Celui-ci fronça les sourcils et sortit dans le couloir, posant la question à l’une des infirmières.

La femme entra, le visage plissé et elle fouilla la pièce du regard.

— Elle était bouleversée et pleurait encore il y a quelques instants. Elle a déclaré qu’elle n’était pas prête à être mère et qu’elle ne pouvait pas le faire. J’ai tenté de la calmer, puis l’alarme a retenti, provenant d’une autre chambre et j’ai dû aller vérifier.

Tomas se tourna vers Brynn, puis revint vers le nouveau-né. Il fit un pas en avant et le parfum d’accouplement le frappa de plein fouet.

— Ce n’était pas elle, murmura Brynn.

— Non. Apparemment pas.

* * * *

Quelques heures plus tard, Brynn garait le pick-up de Tomas dans l’allée de leur maison.

Du moins, ce qu’il en restait. Un énorme pin gisait en plein milieu, ayant écrasé la moitié de l’habitation sous son poids. Brynn glissa lentement hors de son siège, se sentant totalement dévasté. La journée n’avait fait qu’aller de mal en pis à chaque seconde qui s’était écoulée.

Des recherches à grande échelle dans la clinique et ses environs n’avaient rien donné, Paulette n’avait pas pu être retrouvée. Il remarqua que la voiture qu’elle avait laissée avait disparu.

— Il semblerait qu’elle se soit enfuie d’ici aussi vite que possible, dit Tomas, se penchant contre le pare-chocs du véhicule, examinant leur maison ravagée.

— Qu’allons-nous faire ? demanda Brynn.

— Aucune idée, répondit lentement Tomas.


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